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4 sept. 2012

By the Sea

-Article à lire le soir, avec de ours fantômes regardant par-dessus vos épaules-
Aujourd'hui, on peut trouver partout une petite perle. Il suffit de se ballader un peu dans les sombres articles des magazines musicaux, des jeunes chroniqueurs qui sourient sur leur photos et présentent en deux lignes un groupe aussi jeune qu'eux. Sur la photo, le groupe ne sourit pas souvent et l'artwork de l'album (ou de l'EP parfois) est aussi abstrait que leur musique. Mais c'est aussi flou que coloré, les chansons s'envolent, c'est joli. On peut aussi se retrouver, le soir, sur une page sur Youtube, sans trop savoir comment, et rester dessus. Parce qu'on s'est un peu endormi dans la chanson comme dans un lit, tout frais car on vient d'entrer dedans, et on se dit ensuite qu'on est si bien qu'on ne pourrait écouter autre chose de la soirée. Nos meilleurs groupes, ceux qui nous ont suivis, qu'on a suivi, dont on a tous les albums par coeur, dont on connaît toutes leur B-Sides, ils ne sont plus rien, on ne pense plus à eux dans notre château fort, notre cabane de sous la couette. On n'a laissé entrer que le petit groupe et d'étranges ectoplasmes sortant de notre enfance. Ce soir, on prend le thé avec de grands ados idéalistes et de colorées fantasmagories.
Aujourd'hui j'écris sur By the Sea au noms de tous ces petits groupes, ces Radars  NME, ces sidebars Youtube, ces espèces de fruits du hasard, qui semblent nous choisir, n'arriver qu'à nous. Ils méritaient bien un post pour eux tous, à toute la formidable communauté qu'ils composent. Ils sont un genre à eux tout seul, avec une particularité: ils sont absolument hors du temps. Ils peuvent être la bande-son de n'importe quelle époque, si on sait ou chercher (car dans chaque décennie se cache des merveilles, mais saurez-vous les trouver?). Ils sont presque tous nés dans les 2010', mais les trésors encore brillants du passé leur vont magnifiquement bien. C'est bien la preuve qu'ils sont complètement dépourvus d'âge. Dédicace à Andrich si elle passe par là:
Ceci est une lettre d'amour à tous ces petites choses fragiles, parfois malheureusement éphémère que sont les groupes à rêver. Ça fait peut être aussi un peu partie du jeu. Mais je parie qu'il y en aura toujours pour une de ces tea-party fantôme de minuit.
Site: http://bytheseabythesea.bandcamp.com/

31 août 2012

Work Drugs

Work Drugs, l'histoire d'un groupe de musique hallucinée qui n'entre pas vraiment dans un genre (ou alors peut être trop, mais je ne suis guère journaliste du NME), sillonnant leur côtes encore et encore, prenant des photos de là ou ils passent, pour sûrement arrêter le temps sur la beauté déjà intemporelle des paysage, dont ils sont, je suppose, follement amoureux. Tous ça vous paraîtrait peut être classique, sauf si je vous disait qu'ils n'existent que depuis 2010, que les photos qu'ils nous envoient proviennent de notre réalité, de notre maintenant, et pas d'un autre monde, que certains (dont moi) ne peuvent pas connaître. Et ils ne se contentent pas seulement de prendre des images, ils transforment tout ce qu'ils voient, tous ce qu'ils vivent en chansons. Des musiques qui leur ressemblent, à eux, à leur monde (qui est aussi le notre, mais on n'a pas tellement l'occasion de le voir), à leurs photos pleines de couleurs qui ne veulent pas dire grand chose, à part qu'ils aiment passionément ce qui les entoure. Une espèce d'Alice aux Pays des Merveilles, dans la réalité. Leurs chansons ont des allures de Jelly Belly, elles se ressemblent, mais n'ont pas le même goût. Et on ne sait pas laquelle choisir.
Les vidéos les suivent, c'est du rêve (Américain) en bouteille.
Ils ont un autre trip à eux: la mer. Et on n'en est pas étonnés tellement la musique est une bande-son prédestinée à une croisière sur un yacht dans l'océan Pacifique.Il est écrit sur leur site: Work Drugs makes music specifically for boating, sexting, dancing, yachting, and living. Et tout est dit. Il y a dans les paroles de Work Drugs une espèce de culte à la jeunesse, des histoires de fêtes vues à travers les lumières colorées et aveuglantes, du permis tout juste acquis (ou un mensonge?) dans License to Drive, des pilules qui nous emmènent au ciel dans Rad Racer, les histoires d'amour, d'océan, d'amour pour l'océan. Et puis dans tout ça, le cas Dirty Dreams.


 
Un chef d'oeuvre de Smoothness (mot-obsession du groupe), une explosion de... j'aimerais dire de vie, mais j'ai peur que le mot soit trop grand, mais en même temps quelle musique! (Woohoo, premier point d'exclamation, champagne?) C'est tellement inexplicable que les mes mots s'arrêtent de couler pour l'écouter, ils s'évaporent dans ma tête, tout se mélange et quand je ferme les yeux j'ai envie de faire plein de choses, d'aller n'importe ou, de faire de ma vie une oeuvre d'art. Je suis sûre que cette chanson (mais quel mal j'ai à appeler ça une chanson, c'est tellement petit comme mot!) doit  éblouir un petit quelque chose dans la tête de tout le monde. Un souvenir un peu flou qui nous avait échappé ou la brusque envie de se lever et de se bouger pour aller voir les gens, partir avec eux dans un road trip infini dans une jeunesse sans fin.
Peut être que les maîtres Work Drugs l'on fait exprès. Ou peut être que ça leur paraît normal car ils vivent sûrement dans leurs rêves. Dans tous les cas, j'ai bien envie de les voir un jour. J'ai l'impression que ça serait comme rencontrer un espèce d'idéal ou des magiciens. Car pour faire ça, pour transformer un simple son en...en un espèce de voyage psychologique (désolé de l'expression, je suis à court, là) il faut forcément un peu de magie.
Je marche dans du Caprisun;
des bulles multicolores entrent dans des choeurs infinis, les yeux fermés,
pour que rien ne soit immobile.
Les sataniques sont satanistes,
les gens heureux vouent un culte à la fête;
et toutes ces choses s'inscrivent dans le fond de ce tableau,
le devant n'est qu'un amas mouvant célébrant la vie.
 
 From Philadelphia, with dreams, Work Drugs.

 
        http://workdrugs.wordpress.com/